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La Première Guerre mondiale un siècle plus tard. Culture et violence.

Remerciements
Ce recueil réunit les contributions au colloque « La Première Guerre mondiale un siècle plus tard. Culture et violence » qui s’est tenu du 14 au 16 mars 2013 à Aix-en-Provence. Il a bénéficié du soutien de l’Université d’Aix-Marseille (Conseil Scientifique et EA ECHANGES), de l’Université Franco-Allemande, du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et du Centre Franco-Allemand de Provence. Que toutes ces institutions soient chaleureusement remerciées.

  • 1 Michel Serres, Petites chroniques du dimanche soir 2, février 2006-mars 2007, Paris, Le Pommier, 20 (…)

Pendant qu’on enseignait le meurtre du père, quelques personnes, de par le monde, décidaient, pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale, de mettre à mort des dizaines de millions de jeunes gens, qui n’avaient pas plus de vingt-cinq ans. Au moment même où on enseignait le meurtre du père, ces guerres témoignaient du meurtre du fils… Qu’est-ce qu’une déclaration de guerre ? C’est un vieillard, quelque part, une sorte d’ignoble grand-père qui dit à son collègue, vieux père, de l’autre côté de la frontière : « Sois gentil. Avec tes enfants, tue les miens. À charge de revanche ». Voilà l’idée que je me fais de la guerre : un atroce sacrifice d’innombrables enfants…
Si j’ai raison de définir la guerre comme le meurtre des fils, alors il n’y a jamais eu de guerre de la France contre l’Allemagne…1

1Peut-on parler ainsi de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale ? Les propos de Michel Serres peuvent paraître trop globalisateurs et quelque peu naïfs. Ils semblent réunir deux guerres très différentes et occulter l’abîme séparant les envahisseurs de ceux qui doivent se défendre. Ils n’en posent pas moins deux questions cruciales, celle du caractère sacrificiel des cultures et celle de leur imbrication. Quelle est la culture qui serait prête à sacrifier ses enfants dans une guerre ? Quelle est la culture pour laquelle des millions de personnes seraient prêtes à se sacrifier ? Il est un peu trop simple de faire de la guerre, à l’instar de nombreux intellectuels et artistes, l’affaire des autres. Si l’on retourne le mot fameux de Carl Sandburg « Sometime they’ll give a war and nobody will come » (souvent attribué à tort à Brecht « Stell dir vor, es ist Krieg und keiner geht hin »), on obtient : « Imagine-toi qu’ils fassent la guerre et que tous les jeunes y aillent ». Ainsi définit-on beaucoup mieux le lien étroit qui relia culture et violence lors de la guerre de 1914-18. M. Serres souligne l’action croisée de la France et de l’Allemagne. Une culture a besoin de l’autre pour mener à bien son œuvre meurtrière, pour s’affirmer. Elle fait tuer ses enfants par l’autre et elle tue les enfants de l’autre. Les enfants sont le médium d’une entente sordide.

Sous la direction de

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2014

Editeur

Presses Universitaires de Provence

Codification AERES

DO

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